Scénario 2 - La rupture systémique sociale

Un scénario de rupture brutale doit également être envisagé, mais sa probabilité d’occurrence est moins élevée que celle du scénario précédent. Toutefois, cette probabilité augmente avec la poursuite d’un cycle de bulles suivis de leur éclatement.


Le point de départ est identique au scénario précédent (ou à un cycle ultérieur de ce même scénario), mais avec une explosion sociale violente dans plusieurs pays tenant à la baisse du pouvoir d’achat, et au développement d’un chômage de masse.


Ce scénario est donc celui d’une véritable dépression doublée d’une déflation, entrainant à son tour une déflagration sociale. Certes, personne ne sait jusqu’où l’économie productive va chuter, mais surtout personne ne peut prétendre sérieusement qu’elle pourra redémarrer d’elle-même : dans les années 30, il fallut une seconde guerre mondiale ; au Japon, à partir de la crise financière de la fin des années 80, plus de dix ans et, encore la croissance n’est-elle timidement repartie, que parce que le reste de l’Asie et du monde connaissait une forte croissance. En même temps, la situation n’est pas celle de 1929. On ne sort pas d’une guerre dévastatrice, et on n’est pas encore dans un monde politiquement et socialement disloqué (par les révolutions et les contre-révolutions), ni dans une économie internationale fractionnée en blocs protectionnistes.


Mais, on ne peut exclure que les luttes sociales puissent avoir des effets de contagion à une large échelle. Il y aurait alors confrontation entre le pouvoir financier, notamment de l’oligopole bancaire, (appuyé le plus souvent par les pouvoirs politiques) et le pouvoir des citoyens. Cela pourrait déboucher sur des dérives de toute sorte, notamment des dérives totalitaires ou bien des replis identitaires exacerbés (de type fasciste), avec de possibles confrontations armées entre pays.


Ajoutons que dans un tel scénario, on ne peut également exclure une confrontation de type économique entre la zone dollar et la zone euro ; dans cette confrontation, on sait que l'euro ne partira pas dans une position de force en raison de la fragilité de la gouvernance politique européenne.