Que faire ? Scénarios de sortie de crise

Les réunions internationales du G20 à partir de décembre 2008 (Washington, Londres, Pittsburg) ermettent d’anticiper un premier scénario de sortie de crise : celui d’une reconduction, avec plusieurs aménagements, du système financier international tout en maintenant les logiques actuelles. Mais d’autres scénarios peuvent également être envisagés selon que des ruptures liées au mouvement social puissent perturber fondamentalement ce premier scénario ; ces ruptures pourraient conduire, ou bien à des chocs dramatiques notamment sur un plan politique, ou bien encore à des recompositions économiques et sociales à caractère alternatif.


Scénario 1 - La continuité avec aménagements

 

Scénario 2 - La rupture systémique sociale


Scénario 3 - La recomposition alternative


Compte tenu de la disparition progressive des cadres macroéconomiques traditionnels, de l’impuissance constatée des politiques économiques et publiques, de la montée des déséquilibres économiques et sociaux, il est légitime de se demander si cette globalisation financière n’est pas une des causes directes de ce qu’il faut bien aussi appeler la crise du politique que traversent nos sociétés démocratiques. Cette crise ne se nourrit-elle pas de l’absence de projet en raison précisément de l’absence de moyens ou de marges ? N’alimente-t-elle pas aussi la dissolution du lien social en raison du repli général sur des valeurs individuelles ?

Pour refonder une démocratie basée tout aussi bien sur des valeurs de solidarité que sur des valeurs individuelles, ne faut-il pas penser désormais autrement pour agir autrement ? Peut-on laisser des pouvoirs privés, aussi concentrés et puissants, dans le poste de commande de la finance globalisée ? Faut-il continuer à laisser faire ?

Les accusés actuels de la dernière crise s’apparentent davantage à des boucs émissaires qu’aux responsables réels. On y trouve les agences de notation qui n'auraient rien vu venir et qui auraient contribué à accélérer la crise ; les régulateurs financiers qui n'auraient pas eu la capacité de  voir ce qu'il y a dans « les arrières boutiques » (paradis  fiscaux) ; ou encore les émetteurs financiers (hedge funds) qui ne pratiqueraient  pas suffisamment la transparence sur les risques  encourus, ou enfin, les investisseurs qui s'aveugleraient eux mêmes sur les risques qu'ils prennent.

En réalité, la crise du système financier internationale a des racines bien plus profondes qui sont celles de la financiarisation des risques promue par une finance libéralisée et globalisée. Les banques centrales, elles-mêmes, ont perdu leur pourvoir de régulation face à ces marchés et à des acteurs bancaires globalisés. Elles ont perdu toute action de régulation sur les taux d'intérêt à long terme. De même, sur les taux court, l'influence des marchés et des acteurs est devenue prépondérante. Il faut donc revoir de fond en comble le système de régulation des marchés monétaires et financier.

Trois objectifs essentiels pourraient être envisagés pour cette refondation :

- la création d’un système de régulation global de la sphère monétaire et financière face à des marchés globalisés ;

- la rupture avec la norme financière qui impose des rentabilités non soutenables et exigibles a priori ;

- la révision des formes actuelles de gouvernance des entreprises qui ne favorisent que la seule valeur actionnariale

Pour faire ainsi front, la question qui se pose aujourd’hui est bien finalement celle de la mise en place de contre-pouvoirs effectifs, face à ce nouveau pouvoir bancaire concentré. La réponse ne peut pas être seulement partielle comme, par exemple, la taxe Tobin. Celle-ci ne s’intéresse qu’aux flux de capitaux à court terme qui transitent sur le marché des changes, soit un compartiment très particulier de l’un des marchés de cette finance globale. À question globale, il faut, à l’évidence, maintenant une réponse globale.Tel est le véritable enjeu d’une nouvelle architecture de régulation qui soit en capacité de faire face réellement à cette finance internationale.