2 - La réaction des Etats : mesures nationales et mesures coordonnées


Au fur et à mesure que la crise s’est étendue les premiers à être réhabilités ont été les Etats. Dans la panique générale, les groupes financiers et parfois les entreprises se sont tournés vers eux. Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas d’autre recours que ces pouvoirs légitimes, dotés de souveraineté, représentatifs des peuples et, à ce titre, capables de lever des ressources. Pour autant, si les dogmes du néolibéralisme ont été écornés, rien n’indique qu’ils ne pourraient pas renaître, avec les mêmes conséquences, une fois la grande peur passée.


C’est pourquoi, aux yeux de leurs responsables, à moyen terme, une régulation s’impose. Le sommet du G20 qui s’est tenu à Washington, le 15 novembre, a représenté un premier pas dans la direction qu’ils souhaitaient. Certes, il a été préparé hâtivement, mais les travaux couvrant le spectre le plus large émanent au niveau international du Financial Stability Forum (FSF). Cette instance mandaté à cette fin par les ministres des finances du G-7 et les gouverneurs des banques centrales, et dont les conclusions ont été approuvées en avril 2008. Un rapport complet incluant des priorités immédiates a été présenté lors de la réunion du G-8 d’Osaka en juin de la même année.


Ces mesures prioritaires, dont plusieurs devaient être mises en œuvre sous cent jours, préconisent une transparence accrue sur les risques et les véhicules hors bilan, les techniques de valorisation comptable, l’amélioration de la supervision bancaire et de la gestion du risque de liquidité et l’élaboration d’un code de conduite des agences de notation. Lors de sa réunion de juillet 2008, le G-8 a souligné l’importance de la mise en œuvre des recommandations du rapport du FSF et a enjoint les acteurs du secteur privé, les autorités nationales de supervision ainsi que les organismes internationaux, à faire diligence en la matière.


Mais à côté de cette mobilisation internationale, les premières réponses effectives à la crise ont été d’abord nationales.


    La mobilisation financière sans précédent des Etats


Le renflouement est en cours dans les pays occidentaux. La Réserve Fédérale des Etats-Unis, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et d’autres banques centrales se sont portées au secours des établissements financiers menacés. Les Etats, américain avec le plan Paulson première et deuxième manière, européens, nationalement et dans un plan concerté, sont intervenus avec plus de puissance encore. Ils ont donné leur garantie pour des sommes énormes et apporté des financements directs (sous forme de crédits ou de participations en capital).


Ces interventions massives ont écarté certes le risque d’une banqueroute généralisée. Mais si le système a été, pour le moment, restabilisé, il n’est pas certain qu’il soit totalement assaini. Chaque semaine de nouvelles pertes sont annoncées et des établissements sont fragilisés. L’extrême complexité des montages et des produits financiers, la fragilité des fonds spéculatifs, l’opacité des paradis fiscaux rendent malaisée l’appréciation de la situation par les banques, les agences de notation, les autorités de régulation et, désormais, les gouvernements eux-mêmes. La finance internationale a ses « trous noirs ». Ainsi, la majeure partie des 11.000 hedge funds recensés sont localisés dans des paradis fiscaux non contrôlés.