La rupture de l’été 2007


A l’été 2007 le taux de non remboursement sur les crédits « subprime » dépassait 15 % contre 5 % en moyenne à la même époque pour l’ensemble des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, chiffre lui-même record depuis 1986. Certes les défauts de paiement ne conduisent pas tous à la faillite de l’emprunteur et à la vente du bien hypothéqué. Mais on estimait, fin août 2007, que près d’1 million d’emprunteurs avaient perdu leur logement. Ce pourrait concerner in fine quelque 3 millions de ménages américains. L'accélération des défauts sur les prêts hypothécaires « subprime », précipitant le repli du marché de l'immobilier, avec des liquidations massives et en catastrophe, a été à l'origine du premier choc de liquidité agrégé.


Lorsque la crise a frappé au mois d'août 2007, les marchés des titres adossés à des crédits hypothécaires à risque sont devenus illiquides au moment même où des investisseurs très endettés, comme les fonds spéculatifs, devaient ajuster leurs positions ou se séparer de positions perdantes. Les fonds spéculatifs se sont ainsi trouvés bloqués sur des positions défavorables au moment où ils recevaient des appels de marge de leurs courtiers de premier ordre. La situation s'est aggravée du fait qu'en l'absence de transactions, il n'y avait pas de prix de marché susceptibles de servir de référence. En conséquence, les fonds spéculatifs ont suspendu leurs transactions et le marché des CDO et les marchés des dérivés de crédit connexes ont pour ainsi dire cessé d'exister. Les émetteurs de CDO n'ont pu vendre leurs stocks et ont arrêté de procéder à de nouvelles émissions.