Cinquième étape, les marchés émergents

Les entrées nettes de capitaux dans les pays émergents (pays en développement rapide et disposant d'un fort potentiel de croissance) ont triplé, passant d'environ 50 milliards de dollars, par an, entre 1987 et 1989 à plus de 150 milliards de dollars huit ans plus tard, en 1995.

Cette croissance explosive a été favorisée par la libéralisation économique et la multilatéralisation du commerce. Grâce aux liaisons informatiques, les investisseurs peuvent connaître en temps réel le prix des actifs à un coût minime ; les nouvelles technologies font qu'il est de plus en plus difficile aux pouvoirs publics d'exercer un contrôle, à l'entrée ou à la sortie, sur les flux de capitaux internationaux.

En principe, la libéralisation financière devait ainsi attirer les capitaux internationaux en quête de hauts rendements et permettre aux pays en développement d'investir davantage que leur épargne sans creuser le déficit des paiements. En outre, les investissements directs devaient aussi favoriser le transfert de technologies et de compétences du Nord vers le Sud. Or, les flux de capitaux se sont révélés très concentrés et instables, ce qui a abouti à une marginalisation économique de nombreux pays et à des crises financières. Les apports de capitaux se sont en réalité concentrés sur un petit groupe d'une vingtaine de marchés émergents, qui ont reçu plus de 90% du total dans les années 90, contre 50% environ avant le déclenchement de la crise de la dette.