Deuxième étape, le marché obligataire

Le début des années 80 est ponctué par des réformes des systèmes bancaires et monétaires dans les principaux pays développés avec la création de vastes marchés obligataires où les Etats sont amenés à émettre des emprunts pour financer les déficits publics, moyennant le paiement d’intérêts. Devenus eux-mêmes dépendants des marchés pour leur financement, les Etats, influencés par les idées libérales dominantes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne sous Ronald Reagan et Margaret Thatcher, ont laissé alors s’engager une extrême dérégulation des marchés financiers.


Ces réformes sont à la source de la deuxième grande libéralisation de prix fondamentaux pour la finance, celle des taux d'intérêt à long terme. En effet, pour ce qui concerne le prix de l’argent, le taux d’intérêt, les Etats ont cessé d’encadrer le crédit et donc de contrôler plus ou moins les divers taux d’intérêt. Ceux-ci ont donc commencé à varier, en fonction de l’offre et de la demande.


Cette deuxième déréglementation est, comme la première, un choc considérable pour l’économie réelle. Là aussi, il faut générer, pour les entreprises, des produits de couverture pour s’assurer contre les variations de ces taux qui sont dorénavant soumis à la loi de l’offre et de la demande. A la fin des années 1980, les marchés de produits dérivés prennent véritablement leur essor avec leur pendant inévitable, le développement de pratiques spéculatives, car, là aussi, le risque de taux ne disparaît pas.